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DéFI Femmes
Gisèle Mandaila : "Il n'y a pas de hiérarchie entre les discriminations"
Le samedi 22 février 2020

Conseillère communale DéFI à Etterbeek, Gisèle Mandaila est également présidente intérimaire de DéFI Femmes. Cette association procédera à l’élection de ses nouvelles instances le 5 mars prochain. « Ma priorité, explique Gisèle Mandaila, est de redynamiser cette association. Je souhaite travailler en lien avec les parlementaires, fédéraux et régionaux, sur toutes ces questions d’égalité ou liées aux femmes. Ils font un travail remarquable sur ces thématiques. Sur des questions comme l’IVG, le féminicide, l’égalité, il est naturel que DéFI Femmes soit associé aux discussions et participe à l’élaboration des positions du parti. Je pense par exemple à une question qui me semble capitale, celle des femmes vivant dans la précarité, souvent avec des enfants. Leur situation est généralement pire que celle des hommes dans le même cas. »

Le combat féministe a pu sembler mis en sourdine durant quelques décennies avant de reprendre de plus belle, notamment sur le plan politique. « Pour autant, je peux dire que les femmes plus âgées qui, notamment, composent DéFI Femmes, se reconnaissent totalement dans les combats des plus jeunes. Je crois que la différence, c’est qu’une ou deux générations de femmes ont surtout mené leur combat au sein du secteur associatif », dit Gisèle Mandaila. « Le féminisme, c’est vrai, est plus agressif qu’auparavant, notamment parce que la parole s’est libérée sur les réseaux sociaux. Nous sommes déterminées à défendre les droits des femmes mais de manière pragmatique. Le combat en faveur des droits des femmes est plus d’actualité que jamais. »

« Suivie comme une voleuse »

Gisèle Mandaila restera pour toujours la première femme noire à devenir ministre en Belgique, une symbolique forte pour un parti qui se veut le parti de l’opposition à toutes les sortes de discriminations. Elle a été secrétaire d’Etat à la Famille et aux Personnes handicapées de 2004 à 2007. « Moi, je suis arrivée dans ce parti parce que, en tant que femme et que francophone, je me sentais doublement discriminée par l’obligation de bilinguisme dans les services.  C’est dire que je suis sensible à toutes les sortes de discriminations. Cette période en tant que ministre a été extrêmement dure. Je n’étais pas préparée ni soutenue, je ne connaissais que le conseil communal. En revanche, je n’ai jamais été la cible de discriminations : quand vous êtes entourée de gens comme Verhofstadt, Reynders, Onkelinx au gouvernement ou De Croo au Parlement, ce n’est évidemment pas le genre de choses qui arrivent. Pas plus au conseil communal d’ailleurs. En revanche, dans la rue, cela arrive encore! Lorsque j’étais ministre, mon cabinet se trouvait dans le quartier Nord. Lorsque j’en sortais le soir en tailleur, certains automobilistes s’arrêtaient à ma hauteur comme si j’étais une prostituée ; je ne crois pas qu’ils l’auraient fait si j’étais blanche. De même, si je vais dans un magasin de vêtements du centre-ville habillée en jeans et en baskets, je peux être sûre qu’on va me suivre pour s’assurer que je ne suis pas une voleuse! Je ne mets aucune discrimination au-dessus d’une autre, je ne dis pas que le racisme est plus ou moins grave que le sexisme par exemple. » 

Gisèle Maindaila est également l’initiatrice des Belgian Diversity Awards, cérémonie qui se déroulera le 27 mars prochain.

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